Je m’appelle Éric, j’ai 44 ans, et je suis voyeur. Pas le genre à coller mon oeil à une serrure, non. Mon truc c’est d’imaginer. D’entendre. De savoir que derrière un mur, une porte, une fenêtre entrouverte, quelque chose se passe. Et d’en être le seul témoin invisible.
Ça a commencé il y a deux ans avec ma voisine du dessus. Sandrine, la trentaine, célibataire. Les nuits d’été, fenêtre ouverte, j’entendais tout. Ses soupirs d’abord. Puis ses gémissements. Puis des mots que je ne répèterai pas ici mais qui me sont restés gravés. Je ne dormais plus. Je restais allongé dans le noir à écouter, le souffle court, sans oser bouger de peur de faire du bruit et de tout faire cesser.
Le problème c’est que Sandrine a déménagé. Et que le silence qui a suivi était insupportable.
La nuit où j’ai appelé
Un soir de novembre, 23h passées, je suis tombé sur le tel rose de Telrose France. Je ne savais pas trop ce que je cherchais. Une voix, peut-être. Quelque chose à écouter dans le noir. J’ai demandé à Julie si elle pouvait jouer le jeu d’une chose précise : me faire croire qu’elle ne savait pas que j’écoutais.
Elle a compris immédiatement.
Sans un mot de plus, elle a décroché le combiné et elle a commencé. Pas pour moi. Pour elle. Comme si j’avais collé mon oreille contre sa porte et qu’elle était seule dans sa chambre, à se caresser dans le noir en pensant au mec qu’elle avait croisé le matin même dans l’escalier. Sa voix était basse, presque murmurée. Elle décrivait ce qu’elle faisait avec une précision qui me coupait la respiration. Le bruit de ses draps. Le claquement discret d’un tiroir qu’elle ouvre. Le grincement léger du lit.
J’avais les mains qui tremblaient.
Le fantasme du voyeur au téléphone rose
Ce que Julie m’a offert cette nuit-là, c’est exactement ce que le téléphone rose voyeur peut faire mieux que n’importe quoi d’autre. Pas d’image. Pas de vidéo. Juste une voix dans l’obscurité qui te fait croire que tu n’es pas censé entendre. C’est ça le vrai voyeurisme : pas voir, mais savoir. Être là sans être vu. Exister dans l’ombre d’un plaisir qui n’est pas le tien mais dont tu te nourris.
On a parlé vingt-cinq minutes. Enfin, elle a parlé. Moi j’écoutais, comme toujours. Comme je suis fait.
En raccrochant j’ai réalisé que c’était la première fois depuis le déménagement de Sandrine que je dormais vraiment.
Si tu es comme moi, si tu comprends ce que je veux dire sans que j’aie besoin d’expliquer davantage, tu sais déjà ce qu’il te reste à faire. Julie et les autres hôtesses de Telrose France sont là 24/7, à 40cts/min, sans CB, anonyme.
Écoute juste. C’est tout ce qu’on te demande.


